CARORL

Administration
Statuts
Charte éditoriale
Comité éditorial


Bibliographie
Cas cliniques



7ème Congrès - Strasbourg 1993
par Boisson-Bertrand Dominique , mis a jour le 13 juillet 2010

La 7ème Journée du Club d’Anesthésie-Réanimation s’est déroulée le 8 octobre 1993 à Strasbourg.

Les traumatismes maxillofaciaux ont été développés en première partie de matinée par trois conférenciers.

Pour P. BARRIOT (Metz-Armées), l’asphyxie par obstruction des voies aériennes est la principale cause de mortalité et, si l’intubation doit rester la technique préférable pour assurer la liberté des voies respiratoires, l’intubation rétrograde et la minicricothyroïdotomie restent des techniques de sauvetage qu’il ne faut pas méconnaître. Il convient de rechercher systématiquement un traumatisme crânien ou cervical associé, ou une autre lésion à potentiel hémorragique. si le sujet est en état de choc.

J.L. Kahn (Strasbourg) a ensuite exposé une classification anatomique très bien documentée des traumatismes maxillofaciaux, insistant sur l’intérêt diagnostique du scanner pour ces fractures souvent complexes.

M.L. Navez (Saint-Etienne) a souligné l’intérêt de l’anesthésie locorégionale pour ces traumatisés. à laquelle on ne pense pas assez souvent et qui procure pourtant une analgésie résiduelle appréciable.

J. VALFREY (Strasbourg) a rapporté son expérience des traumatismes maxillofaciaux de l’enfant, soulignant les problèmes immédiats dïntubation (pas d’intubation nasale en première intention), de saignement, de durée d’intervention et les séquelles neurologiques, fonctionnelles faciales ou esthétiques qui peuvent en résulter. La reconstruction dans les traumatismes balistiques (M.H. FAVREAU - Bordeaux) ne doit pas être entreprise avant le 20è jour.

M. REYFORD (Lille) a présenté avec beaucoup d’enthousiasme l’Augustine Guide, qui permet une intubation orotrachéale sans visualisation du larynx ni mobilisation du rachis. L’apprentissage de la méthode est aisé mais ne supprime pas la fibroscopie, si l’ouverture de bouche est inférieure à 20 mm. Les traumatismes du larynx, dont la méconnaissance entraîne parfois des sténoses particulièrement difficiles à traiter, devraient pouvoir être diagnostiqués précocement grâce au scanner (J.L. STIERLE - Strasbourg). M.A. Ayuso (Barcelone) a également insisté sur un dépistage précoce qui ne doit pas être occulté par le traitement immédiat de lésions graves associées, l’équilibre respiratoire pouvant être très précaire. Quelle est la conduite à tenir en cas de suspicion d’un traumatisme externe des voies aériennes ? J. WEILLER-RACAMIER (Dijon) a proposé de ne pas tenter d’intuber un malade qui respire, mais de le transporter en position demi assise, si les paramètres hémodynamiques le permettent, en conservant la tête dans l’axe de la colonne en raison du risque de fracture cervicale, parfois fléchie pour maintenir la filière et en l’oxygénant. Le traitement peut être chirurgical d’emblée ou médical, sous étroite surveillance, immédiate et prolongée, afin d’éviter les complications secondaires.

Existe-t-il des corrélations anatomocliniques ? La dyspnée et l’emphysème sont signes de gravité, la dysphonie oriente vers une lésion des cordes vocales, l’hémoptysie signe une plaie vasculaire. Chacun de ces signes justifie un bilan laryngoscopique et radiologique, de même que des lésions cutanées, un hématome ou un point douloureux (A. JUNIOT - Dijon).

Les urgences postopératoires et infectieuses constituaient le deuxième thème de cette réunion. A. GÉRARD (Nancy) a énuméré les différents tableaux cliniques rencontrés dans ces urgences infectieuses, d’extension très rapide, le germe en cause variant selon leur étiologie. Malheureusement, leur pronostic est souvent assombri par un retard diagnostique. Les laryngites et épiglottites de l’enfant exigent le maintien de la liberté des voies aériennes, qui peut être obtenu par humidification de l’air ambiant, corticothérapie, aérosols d’adrénaline racémique pour les laryngites sous-glottiques, virales ou striduleuses, antibiothérapie et inlubation pour les épiglottites aiguës infectieuses et les laryngotrachéobronchites bactériennes (I. GALPERINE - Bordeaux). Les laryngotrachéites bactériennes de l’enfant ont une forme clinique assez atypique avec des épisodes de détresse respiratoire aiguë, dus aux fausses membranes obstructives (J.P. MONRIGAL. Angers). La fibroscopie permet de les différencier des épiglottites., autre urgence respiraroire d’origine haute, où le risque d"arrêt cardiorespiratoire est majeur. La fibroscopie est également utile, lorsque l"intubation est rendue difficile par une cellulite cervicofaciale d’origine dentaire ; elle permet alors d’assurer la liberté des voies aériennes avec le maximum de sécurité (H. REYFORD . Lille).
L’antibioprophylaxie en carcinologie ORL a été abordée par D. BAYLOT (Saint-Etienne), qui a préconisé plutôt une antibiothérapie de 5 jours, la chirurgie carcinologique pouvant être considérée de classe III en tenant compte de certains facteurs de risque la durée de l’intervention, la taille de la tumeur, l’envahissement ganglionnaire et la reconstruction par lambeaux myocutanés. Les complications infectieuses représentent. en effet, la première cause de morbidité postopératoire. E. DESRUENNES (Villejuif) a défendu plutôt l’antibioprophylaxie n’excédant pas 48 h, couvrant les anaérobies, dont le nombre de réinjections est adapté à la durée de l’intervention. Malheureusement. un certain nombre d’incertitudes subsiste encore dans certains cas particuliers. Les perforations pharyngo-œsophagiennes. bien que peu fréquentes. exposent également aux complications infectieuses, qui peuvent être limitées par un diagnostic précoce. Une vérification radiologique de l’intégrité de l’hypopharynx et de l’œsophage peut éviter l’abord chirurgical (J.G. HENTZ - Strasbourg).
La particularité des complications hémorragiques de la chirurgie ORL traitées par D. BOISSON-BERTRAND (Nancy) est de compromettre très rapidement le pronostic vital d’une intervention dont l’indication est le plus souvent bénigne. Elles peuvent être cataclysmiques (chirurgie carcinologique) ou envahir les voies aériennes (amygdalectomies, trachéotomies) ou provoquer la compression d’un organe noble (hémorragie rétrobulbaire ou de l’angle pontocérébelleux). Elles résultent toujours d’un défaut d’hémostase ou d’une impossibilité à la réaliser dans des structures difficilement accessibles, ce qui justifie le dépistage de tout facteur favorisant et la parfaite connaissance de l’anatomie de ces régions particulièrement complexes. M.C. BONNET-BOYER (Montpellier), en rapportant un cas d’épistaxis incontrôlable due à une fistule carotidocaverneuse posttraumatique, a souligné l’intérêt du bilan angiographique, tant diagnostique que thérapeutique.

Des sujets divers ont ensuite été abordés. L CAMPANIELLO (Bologne) a comparé, dans la chirurgie de l’oreille moyenne, l’association midazolam-kétorolac à midazolam-fentanyl, en insistant sur sa plus grande marge de sécurité.

D. BOISSON-BERTRAND (Nancy) a illustré par un film les avantages, dans les amygdalectomies, du masque laryngé renforcé, dont le tube armé fin et souple se glisse parfaitement dans la canelure de l’abaisse-langue de l’ouvre-bouche de Boyle-Davis, sans risque de déplacement peropératoire. Il est aussi facile à introduire qu’une sonde endotrachéale mais sa mise en place et son retrait provoquent beaucoup moins d’effets secondaires, tout en procurant un accès chirurgical identique. L’assistance ventilatoire sans fuite et surtout l’étanchéité des voies aériennes sont bien supérieures à celles obtenues avec une sonde préformée, et voisines de celle que procure une sonde en do trachéale à ballonnet.

La jet-ventilation permet également de réaliser une trachéotomie percutanée en toute sécurité. P.E. PENDEVILLE (Bruxelles) a illustré cette technique, qu’il a développée en utilisant un bronchoscope rigide qui permet, de plus, d’opérer sous contrôle de la vue. Ceci est un avantage certain car, comme j’a rappelé G. LAWSON (Mont-Godine, Belgique), la trachéotomie percutanée est un geste sûr, rapide, élégant, simple, réalisable au lit du patient, mais dont la principale contre-indication reste l’absence de repère.

La prochaine réunion du Club d’Anesthésie-Réanimation en ORL aura lieu à Bologne, le 28 octobre 1994.

D. BOISSON-BERTRAND Secrétaire du Club d’Anesthésie-Réanimation en ORL Hôpital Central 54037 Nancy Cedex



Les Congrès
27ème Congrès - Nancy 2013
26ème Congrès - Namur 2012
tous les congrès
27ème Congrès - Nancy 2013
26ème Congrès - Namur 2012
25ème Congrès - Lausanne 2011
24ème Congrès - Toulouse 2010
23ème Congrès - Reims 2009
22ème Congrès Angers - 2008
21ème Congrès Londres - 2007
20ème Congrès Tours - 2006
19ème Congrès Caen - 2005
18ème Congrès Poitiers - 2004
17ème Congrès Dijon - 2003
16ème Congrès - Grenoble 2002
15ème Congrès Marseille - 2001
14e Congrès - Rennes 2000
13ème Congrès - Sion (Suisse)
12ème Congrès Biarritz - 1998
11ème Congrès - Besançon 1997
10ème Congrès Nantes - 1996
9ème Congrès Paris - 1995
8ème Congrès Bologne - 1994
7ème Congrès - Strasbourg 1993
6ème Congrès Bruxelles - 1992
5éme Congrès Saint-Malo - 1991
4éme Congrès Lausanne - 1990
3éme Congrès Lille - 1989
2éme Congrès Nancy - 1988
1er Congrès BORDEAUX - 1987

Les Journées
20ème journée - 2013
19ème journée 2012
toutes les journées


réalisé avec le soutien de :